Le corps

Depuis quelques mois une chose m’interpelle.

Du plus loin que je me souvienne, et depuis 15 années que je travaille sur moi, que j’intègre la psychanalyse et le développement personnel, jamais, je dis bien, JAMAIS aucune approche analytique n’a considérée mon corps. Aucun psychiatre, psychanalyste ou coach ne l’a regardé. Aucune école ne me l'a enseigné.


Il a bien été parfois question d’ancrage dans le corps, de la forme de celui-ci, des blessures inscrites qu’il laissait apparaitre (Les 5 blessures de l’âme par Louise Bourbeau) mais rien de plus.

Rien sur sa communication permanente, ses messages si puissants, ses mouvements conjoncturels.

Jamais ce messager si puissant n’a été interrogé, sondé, observé.

Jamais l’on n’a considéré mes crispations, mes douleurs, mes grimaces, mes mimiques comme de la matière riche de sens.

Ce corps qui fait l’économie des mots permet pourtant enfin un langage universel, dépourvu de ton ou d’interprétation.

Ce corps binaire, qui dit oui ou non, douleur ou soulagement, prostration ou libération.

Ce corps souvent perçut par nombre d’entre nous comme un ennemi, un adversaire, un poids alors qu’il n’est qu’un miroir de notre intérieur, un révélateur de l’âme, du chemin intime, d’un inconscient chamboulé, inquiet ou malade.


Dans Le corps infirme reflet des blessures de l'âme, Myriam Roudevitch écrit :

« Le corps est l’interface entre le sujet et son environnement, entre l’inconscient et la réalité, pour lequel la motricité codifiée est un langage médiateur entre l’intérieur et l’extérieur, entre moi et les autres. Celle-ci est le support de tout langage, verbal et intraverbal et donc le chemin nécessaire par où transhument les pensées, les affects et de nombreux symptômes. Les attitudes, à défaut d’être toujours parfaitement décodables, offrent à l’interprétation d’autrui des indicateurs précieux et précis. Nous savons combien il est facile de se tromper, mais au moins disposons-nous de repères. »

Il me faudra attendre d’étudier la sophrologie pour que le corps devienne un outil de lâcher prise, mais l’objectif de la sophro était plus de l’ordre du relâchement que de l’analyse ou de l’interprétation des messages du corps.

« La violence apparaît lorsque la force déborde et ignore les formes qui peuvent l’absorber » dit Michel Onfray dans La morale esthétique.

Il me semble qu’Onfray touche ici le sujet de l’émotionnel dans le corps.

L’émotionnel : ma matière, mon curseur, mon partenaire analytique et thérapeutique. Cette sphère qui nous délivre tous les messages de l’inconscient.

Notre système limbique, appelé aussi cerveau émotionnel est le siège des émotions chez l'humain mais représente également toute la sphère de l’apprentissage, de la mémoire, l’olfaction, le contrôle du système endocrinien qui participe à la libération d’hormones, les comportements alimentaires et l’appétit, le système nerveux autonome qui contrôle les fonctions respiratoires, digestive et cardiovasculaire.


Autant de comportements qui trouvent leurs sources directement au cœur de nos émotions.

Autant de comportements physiques qui nous donnent de précieuses indications sur notre appréhension psychique de l’évènement.

Alors quand nous n’arrivons pas à accéder à nous-même par les mots, par l’analyse ; combien de fois nous sommes-nous retrouvés coincés face à des zones d’ombre, fermées, inaccessibles parce que le mental fait opposition, parce que la peur de souffrir nous empêche souvent d’accéder à toutes les parties de nous.


Le corps est alors notre meilleur allié : • Observez son état, ses messages, ses mutations, ses réflexes. • Observez si vos muscles sont crispés ou détendus. • Observez à quel moment né la crispation et à quel endroit ? • Observez votre respiration : respirez-vous ? De quelle manière, lentement, rapidement, saccadé, restreint ? • Observez les poids dans le corps ? Est-ce que c’est lourd, léger ? A quel endroit ? • Observez si les sensations ont tout simplement disparu ?

Mettez à profit tous vos sens pour SENTIR. Non plus réfléchir ou analyser mais SENTIR ce que votre corps exprime.